Par Dr. Assani Fassassi
Ce qui a permis à l'Europe de dominer l'Afrique et le reste du monde
(Extraits )
"Le corps expéditionnaire part défendre la religion occidentale et chrétienne. Après son passage, la place est libre pour le commerçant. Là encore, le schéma est très simple : d'abord le missionnaire, ensuite le soldat et enfin le mercanti". Déclaration de Napoléon devant le Conseil d'Etat - source : Afrique noire de J. Suret-Canale, tome I, page 128.
"Si vous deviez chaque année perdre plus de 200 millions de livres que vous recevez actuellement de vos colonies (africaines) ; si vous n'aviez pas le monopole du commerce avec vos colonies pour alimenter vos usines, entretenir votre flotte, faire marcher votre agriculture, payer vos importations, satisfaire vos besoins de luxe, rétablir l'équilibre de votre commerce avec l'Europe et l'Asie, alors, je le dis tout net, le royaume serait immédiatement perdu". Plaidoyer de l'Evêque Maury (de France) contre l'abolition de la traite des esclaves et la libération des colonies à esclaves, présenté à l'Assemblée Nationale française en 1791.
"Abolir l'esclavage serait condamner le Saint-Esprit qui ordonne aux esclaves, par la bouche même de Saint-Pierre, de demeurer en leur état et n'oblige pas le maître à les affranchir". Citation de Bossuet, Evêque de Condom en 1659, de Meaux en 1681, prédicateur et écrivain français.
La bulle papale qui a autorisé la traite d'esclaves en Afrique dès 1454
Le pape autorisa, par une bulle datée du 08 janvier 1454, le roi du Portugal à pratiquer la traite d'esclaves, pontificalement justifiée par le seul argument de l'évangélisation. "L'aveuglement et l'esprit de Satan sont trop enracinés dans ce peuple (africain) et la malédiction de Son Père repose encore sur lui ; il faut qu'il soit racheté par des douleurs unies à celles de Jésus, capables d'expier ses péchés abrutissants...afin de laver de la malédiction de Dieu"(propos du père Libermann, rénovateur des pères du Saint-esprit - source : La France missionnaire de G. Goyau, Paris 1948, tome II, page 177)[...].
A partir de cette exhortation pontificale, les Européens vont se libérer de toutes retenues morales, civiques et religieuses dans leurs "contacts" avec les Africains. La croisade est désormais lancée contre les nègres sur leur propre sol. Les Portugais et leur roi seront les premiers croisés fidèles au Pape pour "marcher sur l'Afrique des infidèles". Le cadre légal et organisationnel qui, jusque-là, régissait le commerce international sous l'égide de la même Europe sera bafoué. Désormais et jusqu'à nos jours, le rapport entre l'Europe et l'Afrique devra garantir le transfert des richesses de l'Afrique vers l'Europe. Ce transfert ne sera possible que lorsque le commerce deviendra véritablement international dès la fin du XVème siècle quand, pour la première fois dans l'Histoire, l'Afrique sera reliée à l'Asie et aux Amériques par l'intermédiaire de l'Europe et à l'initiative de l'Europe.
C'est ainsi que, à partir de cette époque (fin du XVème siècle), les régions du monde aujourd'hui développées et les régions du monde aujourd'hui sous développées vont entrer en contact déséquilibré et permanent. On ne doit pas hésiter à affirmer que depuis cette époque jusqu'à aujourd'hui et pendant toute cette période, sans interruption, l'Afrique a contribué au développement de l'Europe dans la même proportion que l'Europe a contribué au sous-développement et à la ruine de l'Afrique. [...] La vérité c'est que, du XVème siècle jusqu'à 1885, une Afrique en cours de développement harmonieux avec des bases et des structures admirablement complexes, élaborées patiemment pendant des siècles, a été prise dans la traite esclavagiste et dans les relations commerciales forcées avec l'Europe [...]. Aujourd'hui, il est affligeant d'entendre certains Africains dire que les contacts avec l'Europe depuis le XVème siècle ont modernisé l'Afrique.
Il est aussi faux de dire que Christophe Colomb a découvert l'Amérique. Deux siècles avant lui, les Musulmans africains avaient déjà installés des comptoirs là-bas.
Des Musulmans du Sénégal et de la Mauritanie avaient établi des comptoirs commerciaux en Amérique du Nord, vers l'an 900 de l'ère chrétienne. Dès ce moment, des Musulmans d'Afrique de l'Ouest effectuèrent des échanges commerciaux avec les gens du Nouveau Monde. Le haut degré d'estime que ces habitants de l'Amérique portaient aux Africains apparaît clairement dans les dessins et peintures de cette période historique, qui furent produits en Amérique Centrale et en Amérique du Sud. Dans ces gravures, on trouve des scènes où les Africains Noirs sont en position de puissance et d'autorité, en particulier dans les anciennes cités commerçantes du Mexique.
Un exemple encore plus frappant se trouve dans le cas des sculptures gigantesques représentant des têtes de Noirs d'Afrique, façonnées sur les rochers et les escarpements d'Amérique Centrale. D'autres sculptures, plus petites, portent des marques tribales de Musulmans d'Afrique de l'Ouest sur leurs visages et montrent des pénis circoncis. De même, des têtes de femmes africaines noires sont aussi sculptées. Toutes ces sculptures ont été datées : leur réalisation remonte à l'an 1000 [...].
Certains des voyages transatlantiques entrepris par ces Musulmans furent accomplis par de grandes flottes. Les deux plus grandes qui aient été enregistrées comprenaient 400 navires et 2000 navires. Les deux naviguèrent au début du XIVème siècle de l'ère chrétienne. Environ deux siècles avant Christophe Colomb. Le récit de ces deux expéditions fut relaté par l'empereur Mandingue Mansa Moussa pendant son célèbre pèlerinage à la Mecque en l'an 1324 de l'ère chrétienne. Cette narration fut faite au Gouverneur du Caire alors que Mansa Moussa passait en Egypte, et fut consignée par l'historien arabe al-Oumari.
Assani FASSASSI, d'origine béninoise, est professeur en sociologie-politique. Il a enseigné pendant 6 ans en Libye, à l'Université al-Fath de Tripoli puis à l'Université de Sebha où il a été nommé - de 1988 à 1990 - responsable d'études et de recherches au Département des pays du Sahel au Centre Arabe de Recherches et de Développement des Communautés Sahariennes de Murzuk. Il a regagné le Bénin pour participer aux débats politiques qui l'ont amené à se présenter aux élections présidentielles de 1991.
Editions Al Qalam
ISBN : 2909469158
Format : 15x23
Nbre de pages : 432
Source : The Black World Foundation