En vertu du droit à l'alimentation, les gouvernements sont dans l'obligation de venir en aide aux 11 millions de personnes menacées par la famine dans la Corne de l'Afrique, a déclaré Jean Ziegler[1]. Le Rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation s’appuie sur le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels[2] pour rappeler aux Etats parties leur « obligation de répondre rapidement aux crises alimentaires qui se produisent sur le territoire d'un Etat membre ». Il invite aussi les gouvernements des pays de la Corne de l'Afrique - Djibouti, Ethiopie, Kenya et Somalie - à travailler avec les agences des Nations Unies pour développer des politiques et des programmes qui permettront de lutter contre la sécheresse à plus long terme. Il faut rappeler que les sécheresses répétées et conflits persistants dans la région ont réduit la surface des pâturages et la production de céréales, décimé les cheptels et provoqué une malnutrition chronique.
[1]Jean Ziegler, d’origine suisse, a été élu expert indépendant par la commission des droits de l’homme des Nations Unies en Septembre 2000. Il est le Rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation au sein de cette Commission. Son travail consiste à assurer que les gouvernements remplissent leurs obligations de respecter, protéger et de satisfaire le droit à l’alimentation de la population.
[2] Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels est adopté et ouvert à la signature, à la ratification et à l’adhésion par l’Assemblée générale dans sa résolution 2200 A (XXI) du 16 décembre 1966. Il est entré en vigueur le 3 janvier 1976.