« A chaque visite en Afrique australe, je suis réconforté par les progrès réalisés par les gouvernements, les Nations Unies et les ONG pour améliorer les vies des personnes les plus pauvres dans la région. Néanmoins, il reste encore beaucoup à faire pour assurer que chaque personne et chaque enfant accèdent aux besoins et aux services de base », a déclaré James Morris[i]. Au-delà de ce constat, il s’agit avant tout de prendre en considération les causes profondes de la crise qui touche cette région d’Afrique.
Les récentes pluies tombées sur la région australe de l’Afrique et les nombreuses quantités de semences et d’engrais ainsi que l’évolution du climat de la région, pourraient être à l’origine d’une moisson abondante cette saison. Les populations sont en état d’attente de meilleures récoltes, fruits du concours de leur bonne volonté et des mesures excitatives impulsées par différents partenaires dans la dynamique d’une approche intégrée.
On ne peut que se réjouir que l’initiative comble les espérances ou que les fruits tiennent la promesse des fleurs. Il y va de la remise en confiance des acteurs agricoles, de la relance d’une activité indispensable à la stabilité économique, de la renaissance de l’espérance socio-politique pour tout un peuple. Seulement, la région australe de l’Afrique est, selon des statistiques de l’ONU, confrontée à d’extrêmes difficultés susceptibles même d’annihiler la performance des récoltes de cette année.
Au Swaziland, 56% des femmes enceintes âgées entre 25 et 29 ans sont séropositives. Au Mozambique, le taux de prévalence de la maladie passe de 14% en 2002 à 16% en 2004. L’évolution de la malnutrition aiguë chez les enfants inquiète et interpelle sur la nécessité d’une sécurité alimentaire accrue. L'apparition d'épidémies de cholera au Malawi, au Mozambique, en Zambie et au Zimbabwe, fait ressortir les difficultés des populations de ces pays à avoir aux ressources naturelles notamment à l’eau potable, à des soins de santé primaire notamment la vaccination des enfants.
La proportion et l’extension du VIH/Sida[ii] relance la question de l’accès universel à la prévention, aux traitements et aux soins pour les personnes atteintes du virus en Afrique. Mais il faut aussi interpeller les Africains, notamment les cadres, diplômés et professionnels d’origine africaine à se mobiliser et à se mettre au service de l’Afrique.
[i] James Morris, Envoyé spécial pour l'Afrique australe, directeur exécutif du PAM [ii] Rappelons que l’ONU sponsorise quelques actions dans la région : centre de soins de santé pour les jeunes de Maputo, visites gratuites de dépistage, éducation pour la prévention du VIH/sida, accompagnement…