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Coup d'œil sur le continent

Par Mathieu Dehoumon


Au Bénin, le rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l'alimentation, Olivier De Schutter, s'est intéressé, au cours de sa mission sur le droit à l'alimentation, à la situation des petits paysans, des pauvres urbains et des détenus, selon le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH).

Concernant les petits paysans, M De Schutter relève que la relance agricole doit aboutir non seulement à une augmentation de la production totale, permettant de rendre le pays moins dépendant des importations par une diversification accrue vers les cultures vivrières, mais surtout à une amélioration du droit à l'alimentation des plus vulnérables, parmi lesquels figurent les petits paysans, y compris les métayers. La situation des femmes et leur accès aux ressources productives doit également constituer une priorité. La réforme foncière aura un impact important sur ces groupes vulnérables. Enfin, le renforcement des filets de sécurité sociale, pour garantir le droit à l'alimentation des pauvres urbains, nécessitera plus que probablement un soutien de la communauté internationale. M. De Schutter salue les efforts significatifs du gouvernement pour renforcer la sécurité alimentaire du pays, en particulier en anticipation et en réaction à la hausse des prix alimentaires au début de l'année 2008. Il salue l'adoption rapide de plans de relance dès la fin de l'année 2007 et se félicite de la décision de remettre l'agriculture au centre du développement du pays.


Au Burundi, le processus de paix conduit à la démobilisation de 112 ex-enfants soldats. Le processus de démobilisation d'anciens enfants soldats, associés aux Forces Nationales pour la Libération (FNL) a finalement démarré, avec la joie de  la représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Radhika Coomaraswamy. Les enfants ont été transférés au centre de démobilisation de Gitega, récemment réhabilité, où ils recevront un soutien, afin d'entamer une nouvelle vie dans leurs communautés.

 

En Guinée Bissau, la fragilité de la situation du pays, caractérisée par les assassinats du Président bissau guinéen et du chef d'état-major de l'armée, est préoccupante notamment en matière politique, économique et de sécurité. Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, appelle à un «processus d'enquête crédible et transparent » pour traduire en justice les responsables » de ces « actes criminels ».


Il faut mettre fin aux cycles de la violence et à l'impunité sur le continent. Il faut prendre exemple sur le Tribunal spécial pour la Sierra Leone qui a condamné à la prison trois ex-dirigeants (Issa Hassan Sesay, Morris Kallon et Augustine Gbao) du Front Révolutionnaire Uni (RUF) à une peine d'emprisonnement pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité lors de la guerre civile (1991 à 2001). Précisément, les trois anciens dirigeants ont été condamnés pour des actes de terrorisme, punitions collectives, extermination, assassinats, viols, exploitation sexuelle, mutilations et violences physiques, pillages et utilisation d'enfants soldats. Ils ont été aussi condamnés pour mariages forcés et attaques contre les casques bleus. Issa Hassan Sesay passera au maximum 52 ans en prison, Morris Kallon, 40 ans et Augustine Gbao, 25 années.


Par ailleurs, on attend aussi l'épilogue du procès de l'ancien président du Libéria, Charles Taylor, actuellement en cours devant le TSSL. Accusé d'avoir armé la rébellion du RUF en échange de diamants exploités dans l'est de la Sierra Leone, Charles Taylor attend son sort début 2010.

 

En République Démocratique du Congo (RDC), l'indiscipline au sein des forces de sécurité est l'une des sources des violences sexuelles contre les femmes. Le représentant du Secrétaire général en RDC, Alan Doss, a rencontré, à Kanyabayonga, les autorités civiles et militaires locales ainsi que les représentants de la société civile et des femmes avec lesquels il a fait le tour de la situation sécuritaire et humanitaire. Les participants ont dénoncé l'insécurité de leur milieu donnant en exemple la présence à Luofo d'environ 3.000 familles de déplacés, soit 15.000 personnes, récemment arrivées de Miliki et de Mbwavinywa, localités voisines attaquées par les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). En réponse aux préoccupations des femmes victimes des violences sexuelles, M. Doss a dénoncé cette violence insistant sur la nécessité « de mettre fin à la présence des groupes armés mais aussi d'imposer la discipline au sein des forces de sécurité».


Somalie/Kenya : Traqués par une insécurité croissante, la sécheresse et des pénuries de nourriture dans les régions de Centre-Juba et de Bas-Juba, plus de 20 000 Somaliens cherchent refuge dans les trois campements qui composent le complexe du camp de Dadaab -Hagadera, Ifo et Dagahaley, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR). Malgré de récentes élections tenues à Djibouti et qui ont amené un nouveau gouvernement au pouvoir, la situation sécuritaire dans plusieurs régions de Somalie reste dégradée. Le HCR reçoit et accueille ces réfugiés avec de grandes difficultés. Il faut aujourd'hui des terrains pour bâtir d'autres camps, décongestionner les camps existants et se préparer à accueillir davantage de réfugiés notamment les femmes et les enfants, exténués après avoir marché de longues distances, empruntant souvent des chemins détournés pour éviter de se faire repérer au moment de franchir la frontière.

 

En Afrique australe, des pluies diluviennes causent d'importants dommages aux biens et aux terres, et forcent le déplacement de milliers de personnes en Angola et en Namibie, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA). En Angola, 160.000 personnes ont été affectées par les pluies. Les écoles et d'autres bâtiments publics sont utilisés comme abri, interrompant ainsi le déroulement des classes. En Namibie, 13.000 personnes ont été déplacées, de nombreux dispensaires et écoles sont soit inondés soit inaccessibles. Le président namibien a déclaré l'état d'urgence dans le nord et le nord-est du pays, appelant à l'assistance internationale. Les agences humanitaires de l'ONU ont déjà débloqué 600.000 dollars et réclament davantage d'argent du Fonds central d'intervention d'urgence (CERF) de l'ONU.

 

Source : ONU


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