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Par Mathieu Dehoumon
Du 02 janvier au 11 février 2009, j'ai effectué au Bénin, un séjour très intéressant dont je viens ici partager quelques points forts.
Agréables surprises
En parcourant quelques villes du Bénin, j'ai été agréablement surpris par l'effort de développement des infrastructures notamment routières. Le cas le plus intéressant est celui de la ville de Cotonou - capitale économique du Bénin - qui connaît une amélioration et une extension de son réseau routier : nouvelles routes bitumées, passages surélevés, passerelles, pont. La circulation devient plus fluide et aisée facilitant le transport des biens et des personnes.
Aussi, nombreuses sont les personnes qui entreprennent des activités génératrices de revenus (agriculture, transformation des produits locaux, commerce, services divers). Ces initiatives sont rendues possibles grâce à de petits prêts que le gouvernement met à la disposition des jeunes et des femmes qui pensent un projet viable et pragmatique.
Quelques désagréments
Concernant les Travaux Publics, certains chantiers restent abandonnés causant beaucoup de nuisances aux populations. A Togoudo par exemple, une entreprise de Travaux Publics a abandonné, depuis plus de deux ans, le chantier de construction de caniveaux et de réfection du tronçon principal de la localité. Aujourd'hui, l'accès au village de Togoudo est très difficile. Les populations ont désespérément dénoncé l'entrepreneur et crié leur ras-le-bol. Elles s'en remettent à de petites pistes entre des maisons (concernant les motos) et à des contournements épouvantables (concernant les voitures).
Malgré les sensibilisations et des témoignages que diffusent les médias, certaines personnes se bernent encore d'illusion au sujet de l'eldorado que constituerait la société occidentale. Beaucoup de Béninois rêvent encore de l'Occident comme terre de richesses à profusion où il ne ferait que bon-vivre. Mes explications au sujet des difficultés aujourd'hui présentes dans les sociétés occidentales et la pauvreté que vivent certains occidentaux, ont désabusé quelques candidats à l'aventure occidentale. Certains ont compris la nécessité de rester en Afrique (au Bénin) pour contribuer au développement de leurs localités. D'autres ont perçu le bien-fondé de retourner servir son pays d'origine après des années de spécialisation en Occident. Mais bien d'autres n'entendent pas rester en Afrique sous-prétexte qu'il y a trop de misère.
Les affres de la pauvreté
En dépit du dynamisme de certaines populations béninoises, la pauvreté reste lourdement ressentie. Elle s'accentue encore par la crise économique mondiale. Au Bénin, la production agricole est insuffisante. Tous les produits subissent une horrible surenchère des commerçants. Les boutiques-témoins mis en service par le gouvernement pour aider les plus pauvres à s'approvisionner en denrées alimentaires de base, sont parfois pris d'assaut par des revendeurs véreux. Un tel contexte n'est pas propice au bien-être des populations pauvres.
La pauvreté se vit au quotidien dans certaines familles au Bénin. Le revenu familial est trop faible pour assurer la survie du ménage. Le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) est de 27000 Fcfa soit 41, 16 Euros alors que le coût de la vie ne cesse d'augmenter. Certains travailleurs ne reçoivent pas leurs salaires.
J'ai été frappé par une scène un jour quand je m'étais rendu au centre-ville. Il faisait bien chaud. Une petite fille qui passait devant le bureau de poste, vendait de l'eau fraîche. Un jeune-homme, handicapé mental, qui se tenait dans les environs, demanda humblement à la fille, de l'eau pour étancher sa soif. Quel embarras, la fille ne peut pas lui offrir de l'eau car elle devra rendre compte à la maison ; le jeune-homme ne peut pas acheter de l'eau parce qu'il n'a pas 25 Fcfa soit 3 centimes d'euro. Mais il finira par avoir cette eau tant désirée grâce à une petite générosité.

Ce qui a aussi attiré mon attention, ce sont certains enfants inscrits à l'école primaire. L'instruction primaire devient obligatoire et gratuite au Bénin. Mais le principe de gratuité n'est pas forcément accompagné par de suffisantes aides et subventions publiques. Les écoles peinent à disposer de matériels pédagogiques suffisantes pour les écoliers. Dans certaines écoles, faute de tables et bancs, les enfants s'assoient sur des briques pour étudier. Beaucoup d'enfants sont issus de parents très pauvres n'ayant pas les moyens d'acheter les fournitures scolaires ou de supporter l'éducation des enfants jusqu'à la fin du cycle primaire. Certains de ces enfants finissent par abandonner l'école pour être soumis à des mariages forcés, des travaux domestiques en tant que « enfants placés ».
Réactions et Actions possibles
Interpellé par les affres de la pauvreté notamment à l'égard des enfants des écoles primaires, j'ai contacté quelques jeunes qui sont sensibles à cette question et qui se retrouvent dans le cadre de l'association béninoise Droits Humains pour un Développement Durable (DHDD), laquelle est en lien avec l'association française Afrique-Monde, Droits Humains pour un Développement Durable (AM-DHDD) dont j'assure la présidence. Deux directrices d'école primaire nous ont contactés en formulant des demandes d'aides à leurs écoles :
- Ecole maternelle de Togoudo : aide en matériels de jeux ; soutien financier aux enfants orphelins (parrainage)
- Ecole primaire de Togoudo : mise en place d'une bibliothèque (local disponible) ; aide matérielle aux enfants (fournitures scolaires) ; soutien financier aux enfants orphelins (parrainage)
- Ecole primaire de Womey : fabrication de tables et bancs pour les enfants
Pour venir en aide à ces enfants, je veux mobiliser toute personne et tous organismes possibles, capables de soutenir, d'une manière ou d'une autre, les actions en direction des écoliers de Togoudo et de Womey. Par le canal des associations AM-DHDD (France) et DHDD (Bénin), on peut être solidaire de ces enfants pour leur garantir un droit réel à l'éducation.
Vous voulez nous faire un don ou parrainer un enfant, contactez-nous :
AM-DHDD
7, Rue Stendhal
38400 Saint Martin d'Hères
Tél : 06 25 03 26 02 / 06 79 43 16 34 / 06 74 55 69 37
Email : assocdhdd@yahoo.fr
Blog : http://droitshumains.wordpress.com